Le jeune dirigeant s’appuie sur les fondations solides d’Andros pour développer l’entreprise familiale tout en préservant les valeurs qui ont fait le succès du groupe depuis sa création il y a plus d’un siècle.
Florian Delmas. Andros, les fruits de la passion
Durant l’interview accordée à Décideurs Magazine, Florian Delmas contemple la vue depuis son bureau. Peu de patrons peuvent se targuer d’un tel panorama : une zone classée Natura 2000 aux confins du Lot et de la Corrèze. "Cela permet de relativiser, de se placer sur le temps long", confie le dirigeant qui se dit honoré d’être classé dans la catégorie bâtisseur.
S’appuyer sur les fondations...
Mais quelle est sa définition du terme ? "C’est avoir une vision, des valeurs et être capable d’insuffler tout cela à ses équipes, qu’il s’agisse des cadres dirigeants et des salariés." Florian Delmas peut s’estimer chanceux : fondé il y a plus d’un siècle et propriété de la famille Gervoson-Chapoulart, le groupe s’appuie sur des principes intangibles qui guident son action au quotidien : "La simplicité, l’attention portée à l’ancrage local, à l’humain, le lien avec les agriculteurs, la préservation des savoirs et le fait d’être intransigeant sur la qualité."
Florian Delmas a eu le temps de s’imprégner de l’état d’esprit maison : il a effectué toute sa carrière au sein du groupe lotois, propriétaire notamment des marques Andros, Bonne Maman ou Mamie Nova. Entré comme chef de produit en 2008, il a peu à peu gravi les échelons : directeur général France, directeur général groupe, avant d’être nommé président en août 2022.
"Être bâtisseur, c’est avoir une vision, des valeurs et être capable d’insuffler tout cela à ses équipes"
Sa position est particulière puisqu’il est un "non familial" à la tête d’un groupe familial. Pour être performant dans ce contexte, "la clé est la proximité, l’engagement et la loyauté". Une fois les bases maîtrisées et la confiance établie, les choses sont plus simples. Au quotidien, Florian Delmas fait croître le groupe en s’appuyant sur les bonnes pratiques du passé adaptées aux exigences du présent.
… Pour mieux construire
Plus que jamais, la stratégie met l’accent sur les relations avec les agriculteurs : "Nous sommes en train de devenir une entreprise agri-alimentaire plus qu’alimentaire", se félicite Florian Delmas qui évoque avec passion les investissements dans l’extension des vergers ou les machines à cueillir. "Mais attention, nous n’avons pas l’intention de robotiser les hommes, notre activité centrale reste celle de cuisiner, et ce sont des savoir-faire avant tout humains."
Malgré l’expansion sur tous les continents, Andros s’efforce de respecter les cultures locales. Certes, le siège demeure fièrement implanté dans le village de Biars-sur-Cère. "Mais jamais nous ne changerons la culture et les valeurs des sociétés que nous rachetons", affirme Florian Delmas qui songe notamment à une acquisition réalisée en Nouvelle-Zélande.
La stratégie menée par le président porte ses fruits. Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros en 2025 réalisé pour deux tiers à l'international et emploie 13 000 collaborateurs répartis sur 54 sites dans 28 pays. Andros garde les deux pieds ancrés dans le Lot. Des racines solides au service d’une croissance mondiale.
Lucas Jakubowicz

